Auto édition : self made writer

Auto édition : self made writer

La terrible réponse des éditeurs ou quand vous ne correspondez pas à la ligne éditoriale

Je n’ai pas assez de mots pour vous consoler à la vue de cet horrible mail que l’éditeur, ignorant votre talent, vient de vous envoyer. Le coeur battant, vous avez espéré et maintenant tout s’écroule.

MAIS NON !! C’est pas fini !

Si vous avez eu le chance d’avoir un retour détaillé, reprenez votre histoire et améliorez-la. Si vous estimez qu’elle est parfaite alors passez à l’action et autoéditez vous ! C’est simple, ça prend du temps mais si on est organisé on s’en sort.

Auto édition via le format électronique

C’est si simple, si facile 🙂 Enfin heureusement que mon beau frère est venu à ma rescousse au début. Voici un document qui vous permettra de choisir la méthode que vous préférez pour créer un epub, je tiens à dire qu’il n’est pas de moi et je salue le remarquable travail de Jean Claude Dunyach. Vous pourrez le trouver à cette adresse : http://jean-claude.dunyach.pagesperso-orange.fr/Ebooks_files/Comment_fabriquer_un_livre_numerique.pdf

Personnellement j’ai utilisé Calibre pour mettre mon livre gratuitement sur mon site internet au tout début de mon aventure.

Depuis je me suis rendu compte qu’il fallait absolument être présente sur beaucoup de librairies francophones, se montrer etc… mais demander le référencement sur toutes ces librairies en ligne prend du temps ! Comme vous le savez j’ai aussi publié sur papier et je me déplace en salons (et quand on a un travail à côté il faut savoir économiser du temps).

J’ai donc fait appel à Librinova qui a transformé mon word en ebook et s’est chargé de le commercialiser moyennant une cotisation à l’année (75€ pour le basic). Je n’ai presque pas fait de publicité autour du ebook mais ses ventes ont explosé grâce à des accords entre Librinova et Amazone entre autre. Je m’y retrouve donc très largement !

Auto édition via le format papier

Suite à des stages en maison d’édition j’ai rencontré quelques personnes aussi gentilles que passionnées qui m’ont aidée dans mon aventure. Lorsque j’ai décidé de publier la version papier, plusieurs questions techniques se sont posées notamment celles des maquettes et de l’illustration de couverture. Ensuite il a fallu me rendre à l’évidence : pour plus de sérieux, je devais avoir un statut me permettant de faire du commerce.

Je vais donc vous résumer les grandes phases de ce développement d’auto éditée.

1/ Inscription en tant qu’auto entrepreneur

Au moment où je me suis inscrite en tant qu’auto entrepreneur, il n’y avait pas besoin d’enregistrement au RCS (registre commerce et sociétés). Il m’a suffi de remplir un formulaire en ligne, de joindre au document une copie de pièce d’identité, un justificatif de domicile… et voilà ! Ensuite quand la loi a changé, j’ai simplement rempli un dossier et je l’ai envoyé à la chambre de commerce qui l’a traité gratuitement.

Les chambres de commerce peuvent vous aider dans vos projets mais attention, j’ai l’impression qu’elles essaient de vous forcer la main pour vous faire venir à des rendez-vous payants alors que vous pouvez vous débrouiller pour certaines démarches. Maintenant si vous n’avez pas le temps, ils feront tout pour vous et ça vaut bien un petit chèque tout de même.

L’administration n’est pas nécessairement claire sur le statut d’auteur auto édité donc on ne sait pas vraiment si on doit verser les cotisations au rsi ou à l’ursaff et comme les deux organismes se déchargent l’un sur l’autre, j’ai tranché. Je cotise au rsi et mon code APE est le 9003B.

Pour plus d’informations, je vous recommande tous les articles du blog M.I.A concernant l’auto publication (et le reste bien sûr, parce que les bouquins sont super aussi). Pour ce qui concerne le statut c’est par ici (vous verrez ce blog est génial et très dense, il m’a beaucoup aidé) : http://leblogmia.com/lauto-publication-partie-7-statut-juridique-et-fiscalite/

2/ demander les isbn à l’afnil

Demander les n° ISBN/ EAN à la BNF (mouhaha j’adore les abréviations, ça rend tout de suite plus technique les choses simples). Un numéro EAN (pour les livres ça commence par 978) est unique pour chaque livre, il permet d’identifier celui-ci sur les bases de données lors des référencements et d’obtenir les informations importantes lorsque les libraires cherchent votre ouvrages. C’est un peu une carte d’identité. Si vous comptez vendre votre livre à d’autres personnes que votre famille, il vous en faut un !

Pour ce faire c’est très simple, il suffit d’aller sur le site de l’Afnil et de remplir le formulaire correspondant, de le signer et de le renvoyer. C’est gratuit !! Ils vous répondront rapidement et vous joindront une liste de 25 n°, attention à bien noter ceux que vous utilisez ou pas.

3/ faire son code barre

Lorsque vous aurez entre les mains le code EAN, il faut en faire un code barre pour le mettre sur la couverture ! Et pour ça rien de plus simple, il y a des dizaines de « générateurs de code barre », à vous de choisir celui que vous préférez. Soit vous téléchargez un logiciel soit vous créez votre code barre en ligne et vous enregistrez l’image dans vos documents. A chacun sa méthode.

4/ faire la maquette intérieure

Pour faire votre maquette vous pouvez utiliser word, c’est un logiciel que presque tous les écrivains possèdent et qui vous permet de faire un pdf facilement que vous enverrez par la suite à l’imprimeur. Je peux vous conseiller ces tutoriels qui vous aideront sûrement : http://www.imprimermonlivre.com/sites/default/files/data/documents/guide-Mise-en-page-livre.pdf
https://www.youtube.com/watch?v=LijoFWoxGr8

Personnellement j’utilise indesign parce qu’une amie m’a montré comment s’en servir et que j’adore la suite adobe… maintenant c’est un choix personnel. Vous trouverez ci-dessous un tutoriel qui s’adresse déjà aux gens qui connaissant la suite adobe (familier avec l’univers et la présentation) et aux débutants sur indesign. Il permet de gagner du temps en utilisant des greps.
http://forums.mediabox.fr/wiki/tutoriaux/indesign/md10_avec_grep

Et pour ceux qui veulent absolument utiliser indesign parce qu’ils ont un projet de magasine ou simplement parce qu’ils sont curieux, voici un autre lien très utile : http://sdz.tdct.org/sdz/mise-en-page-avec-indesign.html

Vous pouvez aussi faire appel au travail d’un maquettiste expert en la matière, moyennant quelques billets. Les budgets varient en fonction de la taille et de la complexité du projet mais pour un roman simple et sans image donc sans maquette particulière, ça ne devrait pas vous coûter un bras. Pensez à faire plusieurs devis pour comparer.

5/faire la maquette extérieure

L’auto édition souffre d’une image de « manque de professionnalisme » en partie à cause des couvertures « made myself ». Je m’explique : 30% des ventes se décident en moyenne après un premier coup d’oeil, donc en fonction de la couverture. Si votre couverture est laide vous pouvez être sûr que personne ne s’approchera de votre livre même si vous avez écrit un roman génial.

Personnellement j’ai fait appel à un graphiste professionnel en me baladant sur les sites des maisons d’édition fantasy qui font les plus belles couvertures. J’ai contacté quelques graphistes dont un qui avait fait les couvertures de romans que je lisais alors… Si vous voulez son nom, il faudra acheter Kahena ou Sarina, il est écrit à l’intérieur 🙂 en bref il a été à la fois gentil, compréhensif (quand je l’ai contacté, je ne connaissais pas grand chose et surtout pas comment fonctionner les relations entre un graphiste et une maison d’édition), patient et surtout il a tout de suite su traduire en image ce que je lui avais décrit. J’ai été très chanceuse. Et tout le monde est unanime pour dire que les couvertures de Kahena et Sarina donnent envie de lire, en plus ce sont des scènes du roman donc on peut facilement se projeter dans « l’énergie » de mes livres.

Mais la maquette extérieure n’est pas que l’image de couverture. C’est aussi l’ensemble de la 1ère de couverture : le titre, il doit représenter environ 1/3 sur la couverture, votre nom, le logo de la maison d’édition (c’est mieux si vous êtes auto entrepreneur de vous faire un petit logo, ça habille et vous pouvez vous en servir sur vos supports de communication).

Ensuite vient la tranche sur laquelle vous pouvez faire apparaître le titre du livre, votre nom, votre logo… personnellement j’ai ajouté un bout de l’illustration de couverture. Une fois les livres rangés sur l’étagère le médaillon attire l’oeil et on sait tout de suite où ils sont rangés, et puis je trouvais ça joli… encore une fois c’est une question de goût…

La 4ème de couverture !! Mesdames, messieurs, si votre couverture est belle et que votre 4ème est bien écrite, vous vendrez pleins de livres. Pour le résumé de 4ème de couverture j’ai demandé à des groupes Facebook de m’aider (merci la communauté) et j’ai trouvé un très bon appui. Pour le 2nd comme je ne voulais pas spoiler, j’ai demandé à mon petit groupe de lecteurs ce qu’il en pensait. Mais la 4ème ce n’est pas uniquement le résumé, il faut aussi penser à mettre les informations importantes : code barre, ean, prix ttc, site internet (un vrai pas de facebook, ça ne fait pas pro), le titre et l’auteur (encoooore je sais), votre logo si vous en avez un.

Pour être sûr que vos documents ne soit pas pixellisés avant de les envoyer chez l’imprimeur, il faut créer le pdf puis le grossir à 100%, certains imprimeurs vous demanderont de les grossir à 200% et de vous assurer qu’ils ne sont pas pixellisés. Ainsi l’imprimeur est sûr d’avoir des fichiers de haute qualité.

6/ démarcher les imprimeurs

Je ne saurais pas vraiment vous dire quand démarcher un imprimeur : avant ou après la maquette ? Tous les imprimeurs n’ont pas les mêmes critères concernant les fonds perdus (ce sont des marges en plus, il arrive que les machines découpent un millimètre ou deux de plus ou de moins donc ça permet d’éviter les couvertures bordées de blanc). Personnellement j’ai commencé avec un imprimeur, puis j’en ai changé et j’ai revu les fonds perdus via indesign  (juste un paramètre à changer donc ce n’est pas long).

Il faut absolument démarcher un maximum d’imprimeurs. Je vous conseille de rester en France pour des questions de frais de port sauf si vous imprimez à 10 000 exemplaires (l’étranger peut alors valoir le coût/coup). Si vous voulez le nom d’un imprimeur, vous pouvez me contacter et aussi regarder les livres que vous possédez chez vous. Si le livre est imprimé en France, il est obligatoire de mentionner le nom de l’imprimeur, vous pouvez alors demander un devis via leur site internet.

Les imprimeurs de livre sont différents de ceux qui imprimeront vos marque-pages ou vos flyers donc assurez-vous que vous demandez un devis à un imprimeur de livres !

7/ dépôt légal

Le dépôt légal se fait via la BNF, vous trouverez le formulaire cerfa à remplir en ligne ou pour envoyer via la poste ici :

http://www.bnf.fr/fr/professionnels/depot_legal/a.dl_livres_mod.html

Je rappelle que c’est gratuit !! et vous n’avez pas non plus à payer pour l’affranchissement, lisez bien attentivement le document et la page de la BNF. Si vous n’avez pas protégé votre livre via la société des gens de lettres ou autre, le dépôt légal protège votre oeuvre.

8/ demande de référencement

Vous avez choisi l’imprimeur, vous lui avez confié les livres mais il faut aussi penser à l’après : vous allez devoir les vendre.

Le plus simple est de contacter directement les grandes enseignes de distribution de biens culturels : cultura, fnac, furet du nord etc… Faites une liste des enseignes qui vous intéressent, qui sont proches de vous et dans lesquelles vous pouvez vous déplacer pour faire des dédicaces. Dites vous bien qu’une fois référencés les librairies n’achèteront pas vos livres pour mettre sur leurs étagères si vous ne faites pas l’effort de vous déplacer ou de proposer des séances de dédicaces.

Pour les libraires ou les bibliothèques, il faudra penser à vous référencer sur colibrije ou decitre.

Le référencement est obligatoire dans ces enseignes si vous comptez avoir de la visibilité.

9/ vendre son livre via salons ou dédicaces

Comme je le disais plus haut, ce n’est pas parce que votre livre est référencé qu’il va se vendre tout seul. Il va falloir se retrousser les manches.

Dans l’édition on différencie l’éditeur – le diffuseur – le distributeur – le point de vente. Vous assumez le rôle de l’éditeur : vous avez créé le livre de A à Z et vous avez passé la commande à l’imprimeur. Vous êtes aussi le diffuseur qui est le commercial de la maison d’édition : donc vous devez démarcher, proposer des séances de dédicaces en échange des commandes des libraires etc… Et enfin vous êtes aussi le distributeur car vous gérez les stocks, la manutention et l’approvisionnement des livres vers les points de vente (librairie, salons etc…).

Si vous voulez en savoir plus sur la chaîne du livre, je vous recommande cette fiche : http://www.enssib.fr/bibliotheque-numerique/documents/1754-comprendre-et-connaitre-la-chaine-du-livre.pdf

Les salons sont les lieux privilégiés où vous rencontrerez des auteurs du même genre. Ne vous dites pas que ce sera de la concurrence et que vous refusez d’y mettre les pieds. Au contraire, les lecteurs de fantasy par exemple seront plus nombreux dans un salon comme Troll et Légendes (Belgique) ou le salon Fantastique (Paris) que dans une librairie lambda. Et même s’il y a d’autres auteurs qui proposent de la fantasy, vous pouvez vous démarquer grâce à l’ambiance du stand, à la couverture du livre, à votre sourire (ça y fait d’être aimable, on n’a plus l’habitude mais essayez, vous verrez 😉 ) ou aux bonnes critiques sur internet.

Il y a de nombreux salons où les gens passent une première fois (il faudra préparer votre flyer et expliquer l’histoire) et ensuite ils regardent sur internet les critiques des internautes. Ils reviennent ou pas selon si l’histoire pourrait leur plaire.

10/ suivre ses stocks et sa comptabilité

En tant qu’auto entrepreneur vous devez :
– avoir un compte séparé pour votre activité pro et perso
– être inscrit au RCS
– payer vos cotisations au rsi (pour ma part) tous les trimestres
– établir des factures pour chaque vente que ce soit Dupont ou une grande enseigne, suivre le paiement des factures arrivées à échéance, envoyer des lettres de recouvrement si besoin. Les grandes enseignes vous paient quand elles ont le temps, il ne faut pas être pressés mais il ne faut surtout pas lâcher l’affaire quitte à paraître insistant et pénible. Le logiciel Free Devis Facture est pas mal du tout, c’est un autre auteur qui me l’a conseillé. Je faisais tout à la main et je finissais par m’y perdre (toutes les factures doivent avoir un numéro unique et se suivre, le logiciel ne se trompe pas).

Si vous êtes rigoureux tout se passera bien, sinon il faudra vous faire une petite fiche de rappel avec les dates importantes tous les mois ou les trimestres pour faire le point sur votre trésorerie (vos rentrées et sorties d’argent). Ne mélangez pas $$ perso et pro, sinon vous serez perdant à un moment ou à un autre.

Conclusion :
L’auto édition demande beaucoup de temps mais ce n’est pas dur si on est organisé. Si vous avez tendance à la fainéantise ou à baisser les bras à la moindre épreuve, je ne vous conseille pas cette voie. Si vous voulez réaliser votre rêve et que vous serez capable de vous remonter les manches et d’aller en dédicaces ou en salons tous les week end ou presque, alors foncez.

Je prends parfois des congés pour aller vendre des livres, je n’imagine pas à l’heure actuelle avoir une vraie vie de famille avec des enfants parce que je ne suis pas wonder woman. Réaliser son rêve c’est bien, l’auto édition est un bon moyen pour y arriver mais si vos proches sont contre vous, il faudra leur faire voir le bon côté des choses sinon ce sera pénible. C’est donc, vous l’aurez compris, un projet qui repose sur vos épaules mais qui touche aussi les gens autour de vous. Si vous voulez les convaincre de vous suivre, incluez-les dans les processus de décisions, ils seront vos petites pierres à la base de l’édifice et vous n’en serez que plus grands. C’est uniquement une suggestion, à vous de voir.

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